Montant de la pension du Québec : ce que vous pouvez toucher

Les chiffres sont implacables : des milliers de Québécois avancent chaque année vers la retraite sans vraiment savoir à quoi s’attendre de la fameuse pension du Régime de rentes du Québec (RRQ). À travers un dédale d’acronymes et de critères obscurs, il est facile de s’y perdre. Alors, mettons tout à plat : droits, montants, options et pièges à éviter, pour que personne ne laisse filer ce qui lui revient.

Avant de songer à toucher votre première rente, il faut savoir comment adhérer au RRQ. Depuis la pandémie, deux solutions existent : passer par les services en ligne, ou téléphoner pour parler à un représentant. Prendre rendez-vous en personne ? Cela passe forcément par la seconde option. Les coordonnées utiles se trouvent sur le site officiel du régime.

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La plateforme en ligne du RRQ ouvre d’ailleurs la porte à une série d’actions pratiques :

  • Consulter et télécharger votre relevé de participation
  • Recevoir des alertes par courriel ou texto
  • Faire une demande de retraite directement sur Internet
  • Demander une prestation de décès, de conjoint survivant ou d’orphelin
  • Opter pour une retenue à la source
  • Obtenir un duplicata de votre déclaration fiscale
  • Mettre à jour votre adresse
  • Mettre en place le dépôt direct

Le calendrier des versements du RRQ en 2021 suit une logique simple : les paiements sont mensuels, généralement déposés le dernier jour ouvrable de chaque mois. Voici les dates prévues pour cette année-là :

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29 janvier 2021 30 juillet 2021
26 février 2021 31 août 2021
31 mars 2021 30 septembre 2021
30 avril 2021 29 octobre 2021
31 mai 2021 30 novembre 2021
30 juin 2021 30 décembre 2021

Comment s’établit le montant de votre rente ? Voici la règle du jeu : si la demande de pension est faite à 65 ans, le calcul s’effectue ainsi :

  • Le RRQ couvre 25 % de la moyenne mensuelle des revenus cotisés au régime
  • Le nombre d’années sans cotisation admissible vient réduire ce montant

Le montant maximal que vous pouvez toucher dépend aussi de l’âge auquel vous faites votre demande : avant ou après 65 ans. Les périodes à faibles revenus, ou sans aucun revenu, peuvent être écartées du calcul pour ne pas pénaliser le résultat. À cela s’ajoutent des situations particulières, comme une séparation ou un partage des revenus, qui peuvent modifier le résultat final.

Le choix du moment où vous commencez à recevoir votre rente n’est pas anodin. Vous souhaitez une pension plus élevée ? Retarder le début de vos versements après 65 ans permet de bonifier la rente de 0,7 % par mois supplémentaire, jusqu’à un maximum de 42 % de plus après cinq ans. Ce report se traduit, sur la durée, par une meilleure sécurité financière pour ceux qui vivent plus longtemps.

À l’inverse, certains préfèrent toucher leur RRQ plus tôt, dès 60 ans. Mais ce choix a un coût : chaque mois d’anticipation impose une réduction de 0,6 %, soit jusqu’à 36 % de moins si vous commencez cinq ans avant l’âge standard. Cette réduction est permanente : le montant reste plus bas tout au long de votre retraite.

Pour y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des montants maximaux du RRQ selon l’âge de la première demande en 2021 :

Âge Pénalité ou majoration Pension maximale Montant mensuel maximal
60 ans -36 % 64 % 773,29 $
61 ans -28,8 % 71,2 % 860,28 $
62 ans -21,6 % 78,4 % 947,28 $
63 ans -14,4 % 85,6 % 1 034,27 $
64 ans -7,2 % 92,8 % 1 121,27 $
65 ans Montant plein 100 % 1 208,26 $
66 ans +8,4 % 108,4 % 1 309,76 $
67 ans +16,8 % 116,8 % 1 411,25 $
68 ans +25,2 % 125,2 % 1 512,74 $
69 ans +33,6 % 133,6 % 1 614,24 $
70 ans +42 % 142 % 1 715,73 $

Le bon moment pour demander sa rente dépend de votre situation personnelle. Si votre santé est solide et que votre épargne permet de patienter, repousser la première demande peut s’avérer judicieux : une rente bonifiée protège mieux contre le risque de manquer de ressources avec l’âge. En revanche, si attendre n’est pas une option, mieux vaut demander la pension dès que possible, quitte à accepter un montant réduit.

Pour faire ce choix, deux critères principaux doivent être pesés :

  • Votre état de santé et l’espérance de vie envisagée
  • Votre capacité à financer la période d’attente grâce à d’autres ressources

Le RRQ a aussi évolué ces dernières années. Depuis 2019, le régime supplémentaire apporte deux changements majeurs : le taux de remplacement du revenu grimpe à 33,3 %, et le seuil du revenu maximum admissible augmente de 14 % d’ici 2025. En clair, les cotisations montent, mais la pension finale s’améliore aussi. Ce supplément bonifie également les rentes d’invalidité et de conjoint survivant pour ceux qui cotisent pendant leur carrière active.

À noter : les cotisations au RRQ sont réparties à parts égales entre employeur et salarié. Les travailleurs autonomes, eux, paient la totalité. Les détails des taux et des plafonds se trouvent sur le site du régime.

Autre point à ne pas négliger : le fractionnement de la rente avec un conjoint. Partager la rente peut réduire l’impôt à payer, puisque la pension est considérée comme un revenu imposable. Pas besoin que les deux conjoints aient cotisé au régime, mais il faut que chacun ait au moins 60 ans. Le partage ne se fait pas toujours à parts égales : le nombre d’années de vie commune sert de base au calcul.

Dernier volet : la coordination des régimes de retraite. Au moment du départ, le RRQ peut compléter un régime privé existant. Dans bien des cas, le Régime de pension agréé (RPA) prévoit une baisse des paiements à 65 ans, supposant que le RRQ prenne le relais pour maintenir un revenu stable. Cette mécanique s’applique, que la pension RRQ soit demandée ou reportée.

La retraite n’a rien d’un saut dans l’inconnu si l’on connaît le terrain. Anticiper, choisir le bon moment et comprendre les différentes options du RRQ, c’est s’offrir une transition sans mauvaise surprise. Reste à chacun de décider quand tourner la page du travail et d’écrire, enfin, son propre scénario de retraite.

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