Lorsque vous devez planifier un déménagement en cas de handicap, vous ne partez pas avec les mêmes chances que les autres. Quand on sait que pour les personnes en bonne santé, le déménagement est une grande source de stress, alors imaginez les difficultés supplémentaires que rencontrent les personnes handicapées ! C’est pourquoi ils ont droit à une aide au logement spécifique pour se déplacer. Comment se manifestent ces soutiens et dans quel logement déménagerlorsque vous êtes handicapé Aides au déplacement pour personnes handicapées : toute l’aide disponible ! ? Nous avons demandé à vous fournir le plus d’informations possible.
Aide de l’État et de la communauté pour faciliter un déménagement en situation de handicap

Aides des MDPH pour les démarches de déménagement
Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sont là pour orienter, informer et accompagner les personnes concernées et leur entourage. Présentes dans chaque département, elles reçoivent et instruisent les demandes, puis pilotent les démarches d’accès aux droits. Le principe est simple : un interlocuteur unique pour gagner en clarté et en efficacité.
Concrètement, lors d’un déménagement, la MDPH recueille votre dossier et transmet les informations nécessaires à la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées), qui décide ensuite de la meilleure orientation vers les dispositifs adaptés.
Allocations logement via la CAF
Dans le panel des allocations logement distribuées par la CAF, l’allocation de logement sociale (ALS) bénéficie d’une attention particulière pour les personnes en situation de handicap. Pour ne pas perdre vos droits, il convient de déclarer rapidement votre nouvelle adresse à la CAF et à la MDPH, qui feront suivre votre dossier à l’organisme compétent dans votre nouveau lieu de vie.
Aide du service social de l’Assurance Maladie
Des aides spécifiques existent aussi du côté de l’Assurance Maladie, qui peut, sous conditions, prendre en charge une partie des frais liés au déménagement par le biais d’une aide ponctuelle. Le dossier est étudié au cas par cas.
Ces soutiens à l’adaptation du logement s’organisent avec la MDPH. Les fonds peuvent être versés soit directement à la personne bénéficiaire, soit à des structures partenaires comme des foyers ou services à domicile.
Soutiens locaux : CCAS, mairies et conseil départemental
Les centres communaux d’action sociale (CCAS) et les mairies peuvent intervenir pour compenser les dépenses liées à l’adaptation du logement ou à l’hébergement, notamment si les ressources du foyer sont limitées. Par ailleurs, chaque CCAS compte des représentants associatifs afin de défendre les intérêts des personnes en situation de handicap.
Le Conseil départemental, quant à lui, propose des solutions d’aménagement adaptées et développe parfois des dispositifs comme la téléassistance pour renforcer l’autonomie à domicile. Il gère aussi l’attribution de l’aide sociale à l’hébergement (ASH).
Aides de l’Anah pour l’adaptation du logement
L’Agence nationale de l’habitat (Anah) consacre une partie de ses subventions aux travaux d’accessibilité, y compris dans les parties communes des copropriétés, afin que les bâtiments existants deviennent plus accessibles. Pour connaître vos droits : rapprochez-vous de l’Anah de votre secteur.
Soutiens financiers pour déménager en situation de handicap

Aide au déménagement via l’AAH
Cette allocation spécifique s’adresse aux personnes qui déménagent dans un logement indépendant. Mais, de quoi parle-t-on ? L’Allocation aux adultes handicapés (AAH) est un revenu de substitution pour ceux qui ne peuvent pas travailler normalement en raison de leur handicap. L’attribution dépend d’un taux d’incapacité d’au moins 80 %, évalué par la MDPH.
En 2021, l’AAH s’élevait à 902,70 euros mensuels, pour une durée d’un an renouvelable selon l’évolution de la situation.
Une majoration de 179,31 euros était également prévue, mais elle n’est désormais accessible qu’aux personnes déjà bénéficiaires, pour une durée pouvant aller jusqu’à dix ans, sous condition de vivre dans un logement indépendant.
La majoration pour la vie autonome (MVA)
Il existe aussi une majoration automatique de 104,77 euros par mois pour financer certaines adaptations du logement, si vous :
- Affichez un taux d’incapacité de 80 % ou plus
- N’exercez aucune activité professionnelle rémunérée
- Percevez une aide au logement (AL) dans votre résidence principale (hors foyers et maisons spécialisées)
PCH : prise en charge des frais de déménagement
La Prestation de compensation du handicap (PCH) couvre divers frais, dont le déménagement ou les travaux d’adaptation. Elle intervient si le nouveau logement est adapté à la nature du handicap, et dans les situations suivantes :
- Vivre à domicile
- Être hébergé chez un proche ou dans un établissement spécialisé
- Déménager dans certains pays européens ou en Suisse si aucune solution n’a été trouvée en France
Le reste à charge dépend de vos ressources de l’année précédente. Après instruction par la MDPH et décision de la CDAPH, vous pouvez prétendre à jusqu’à 3 000 euros d’aide au déménagement tous les 10 ans. Pour les travaux, l’enveloppe peut atteindre 10 000 euros si le montant est inférieur à 1 500 euros, sinon 50 % du coût est couvert.
Vers quel type de logement déménager quand on est en situation de handicap ?
En fonction du handicap, la MDPH transmet le dossier à la CDAPH, qui oriente vers le logement adéquat ou des aménagements adaptés.
Rejoindre un foyer d’hébergement pour travailleurs handicapés
Il s’agit de logements non médicalisés réservés aux personnes en emploi, de moins de 60 ans. Les délais d’attente peuvent atteindre 4 mois, il est donc préférable d’anticiper sa demande.
Le coût d’hébergement dépend des ressources, mais ne descend jamais en dessous de la moitié du montant de l’AAH.
Vivre en famille d’accueil ou en internat
Lorsqu’exercer une activité professionnelle devient impossible, il est possible d’être accueilli temporairement en journée ou en internat, avec accès à différentes activités. Les personnes vivant à domicile disposent d’une autonomie relative si leur taux d’incapacité atteint 50 %.
Les frais d’hébergement restent à votre charge, mais uniquement si vos revenus atteignent au moins 30 % du montant de l’AAH.
Intégrer un établissement médico-social
Ce type de structure s’adresse aux personnes qui nécessitent un suivi médical régulier. Parmi les options :
- Foyer d’accueil médicalisé (FAM) : pour celles qui ont besoin d’un accompagnement médical permanent et d’une aide au quotidien. La participation financière ne peut excéder 30 % de l’AAH.
- Maison d’accueil spécialisée (MAS) : réservée aux cas de handicap très sévère, où la personne ne peut pas décider seule. Les frais quotidiens sont majoritairement pris en charge par l’Assurance Maladie, avec une participation minimale de 20 euros par jour. Une partie de l’AAH reste acquise (30 %, soit 270,81 euros).
Foyer familial : lutter contre l’isolement
La personne doit disposer d’un certain degré d’autonomie pour intégrer un foyer familial, avec signature d’un contrat d’accueil. Le conseil départemental peut vous orienter vers ce type d’hébergement.
Pour la gestion des coûts, il faut déclarer les sommes versées à la famille d’accueil via le CESU. En 2021, le minimum journalier s’élevait à 25,63 euros bruts. Ces dépenses peuvent être compensées par des allocations comme celles de la CAF, la PCH ou l’APA (allocation personnalisée d’autonomie).
Vivre en logement indépendant avec un handicap
Pour favoriser l’autonomie et l’intégration, plusieurs aides et droits permettent d’accéder à un logement indépendant, de façon plus simple et sécurisée.
Appuis financiers, réductions d’impôts et exonérations
Les personnes qui gèrent seules leur vie quotidienne peuvent bénéficier de dispositifs spécifiques :
- Priorité pour l’attribution des logements sociaux
- Possibilité de solliciter la SLA auprès de la CAF
- Exonérations de taxe d’habitation et de taxe foncière
- Déductions fiscales pour travaux d’adaptation du logement
Logement inclusif : miser sur l’indépendance
Pour garantir l’égalité des droits, des logements adaptés voient le jour, sous forme de résidences indépendantes. Ces structures offrent un cadre de vie modulable, en lien avec les professionnels du médico-social et les collectivités, pour multiplier les alternatives d’hébergement.
Accessibilité : ce que dit la loi
Depuis le 1er janvier 2015, les logements neufs doivent intégrer des normes d’accessibilité, avec des règles spécifiques pour les personnes en situation de handicap. Cela concerne notamment les places de stationnement, qui doivent être attribuées en priorité à ceux qui en font la demande.
Le droit à l’accessibilité s’étend à l’ensemble du logement, y compris les parties communes, pour garantir une vie quotidienne sans entrave.
Déménager à l’étranger avec un handicap : quelles aides ?
Changer de pays tout en continuant à percevoir ses aides, c’est possible dans certains cas. La pension d’invalidité suit, sous réserve de communiquer sa nouvelle adresse, mais l’ASL n’est plus versée.
Une allocation supplémentaire d’invalidité peut être attribuée si l’âge légal pour prétendre à l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) n’est pas atteint.
Pour un départ hors Europe, la démarche passe par le service social du consulat, qui se rapproche d’une MDPH pour évaluer le taux d’incapacité. Les délais d’attente tournent entre 6 et 9 mois. Ensuite, c’est le Conseil consulaire pour la protection sociale qui statue sur le dossier et notifie la décision.
Lorsque l’âge avance : aides pour les personnes âgées en situation de handicap

Solutions de réinstallation temporaire
Pour souffler ou pallier l’absence de proches, il est possible d’obtenir un accueil temporaire (jusqu’à 90 jours par an) dans un établissement pour personnes âgées. Le CDAPH oriente vers l’hébergement adapté :
- Logement temporaire pour seniors
- Ehpad : établissements pour personnes âgées dépendantes
- Foyers spécialisés ou institutions médico-sociales
Après 60 ans, la priorité est donnée. Sinon, une demande de financement de l’hébergement doit être engagée. L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) ou l’ASH peuvent aussi intervenir.
Les caisses de retraite et organismes sociaux peuvent soutenir le projet, avec un complément de l’Assurance Maladie sur les frais.
Quand le logement n’est plus adapté : quelles options ?
Trois types d’établissements s’offrent à vous, selon votre situation et votre degré d’autonomie. Les maisons de retraite, par exemple, réservent parfois des unités spécifiques aux seniors handicapés.
En maison de retraite
Les personnes en situation de handicap avancé bénéficient d’avantages supplémentaires, avec notamment l’ASH. Le montant attribué correspond à 10 % du revenu mensuel et à 30 % de l’AAH.
Conditions d’attribution :
- Avoir déjà été hébergé dans un établissement spécialisé
- Ou bénéficier du suivi d’un service spécialisé
- Ou présenter un taux de handicap d’au moins 80 % avant 65 ans
Établissement spécialisé pour seniors handicapés
Des structures spécifiques existent, principalement sous la forme de foyers d’accueil avec surveillance médicale ou de maisons rurales adaptées. La plupart ne disposent pas de plateau technique médical, et la prise en charge du loyer reste à la charge des résidents.
Les Marpa : maisons rurales pour personnes âgées
Un point pratique : le préavis peut être ramené à un mois si le déménagement est motivé par un handicap et que vous avez plus de 60 ans. Par exemple, si l’audition ne permet plus de tolérer le bruit du voisinage, ou si les escaliers sont devenus infranchissables.
Recourir à des professionnels pour un déménagement adapté
Chez Allodemenageur, des outils dédiés ont été développés pour faciliter le processus. Le calculateur de volume permet d’estimer précisément la taille du déménagement, pièce par pièce.
Pour organiser un déménagement dans les meilleures conditions en situation de handicap, le plus simple reste de compléter une demande de devis en ligne. En quelques clics, vous recevez plusieurs propositions adaptées à vos besoins sous 24 heures.
Cela vous laisse le choix entre différentes formules, dont la version haut de gamme où les déménageurs prennent tout en charge : démontage, chargement, remontage des meubles. Une visite technique à domicile peut aussi être proposée pour prévoir chaque étape et anticiper les contraintes spécifiques.
Du premier contact jusqu’à l’emménagement, un professionnel vous accompagne à chaque étape, pour sécuriser le parcours et alléger la charge mentale. Parce qu’un déménagement, surtout avec un handicap, ne s’improvise pas : il se prépare, il s’encadre, il se vit avec le bon accompagnement.



