Gérer au mieux une personne âgée difficile au quotidien

« Ils me rendent fou ! » Cette phrase est prononcée (ou criée) par les membres de la famille qui s’occupent de leurs proches âgés, partout dans le monde. Les soignants sont souvent confrontés à des comportements inhabituels, indisciplinés et gênants de la part des personnes dont ils s’occupent. Le forum des soignants est rempli d’histoires de parents âgés irrationnels, de changements de personnalité, d’hallucinations et de crises de colère. Dans certains cas, c’est ainsi que certaines personnes âgées ont toujours agi, mais ces comportements peuvent également indiquer de graves changements dans la santé d’une personne, tels qu’une démence progressive, une dépression ou une infection des voies urinaires.

Voici les dix comportements difficiles les plus fréquents chez les personnes âgées, avec des explications sur leurs causes possibles et des pistes de réaction concrètes pour les proches et accompagnants.

La rage, la colère et les cris des personnes âgées

Les années qui passent et la maladie peuvent exacerber les traits de caractère. Une personne de nature impatiente peut devenir irascible, voire impossible à satisfaire. Bien souvent, c’est la figure du soignant qui devient la cible privilégiée de cette colère, au fil des épisodes de frustration ou de douleur.

Faire face aux personnes âgées en colère

Avant tout, tentez d’identifier ce qui alimente leur colère. Le sentiment de perte, la douleur chronique, l’isolement, les troubles de la mémoire : tout cela pèse lourd. Lorsqu’une démence comme Alzheimer s’invite, la maîtrise de soi s’effrite. Il devient alors vital de ne pas tout prendre pour soi. Saisissez chaque occasion de valoriser les aspects positifs, laissez couler ce qui peut l’être et, dès que possible, accordez-vous des pauses. Un peu d’air frais, une activité qui vous fait du bien, un appel à un ami : ces moments de répit sont précieux.

Il arrive aussi que les personnes âgées se montrent bien plus désagréables avec leurs proches qu’avec un intervenant extérieur. Dans ce cas, faire appel à un service à domicile ou à un accueil de jour, même ponctuel, permet de reposer la relation et de souffler.

Soins aux personnes âgées maltraitées

Parfois, la personne âgée s’en prend à celui ou celle qui lui consacre le plus de temps. Si la colère et la frustration ne sont pas désamorcées, elles peuvent dégénérer en comportements maltraitants envers le proche aidant. Les violences verbales, émotionnelles et même physiques existent, et il serait naïf de les sous-estimer. Parfois, le terrain est préparé par un trouble psychiatrique, comme un trouble de la personnalité. D’autres fois, la personne âgée s’autorise à se défouler auprès de celui qui lui paraît le plus sûr, non par calcul, mais parce qu’elle s’y sent en confiance.

Faire face aux personnes âgées violentes

Essayez d’exprimer vos ressentis face à leur attitude. Bien souvent, le dialogue ne règle pas tout, surtout quand le seuil de la violence est franchi. Face à l’agressivité verbale ou morale, prendre du recul s’impose. Faites comprendre à votre proche que ses débordements ont des conséquences. Si la sécurité est en jeu, sollicitez une aide extérieure. L’intervention d’un professionnel, la consultation de services spécialisés, voire un relais temporaire ou définitif du rôle d’aidant peuvent s’avérer nécessaires. Dans certaines situations, les instances compétentes (police, protection des majeurs) doivent être alertées.

Les personnes âgées qui refusent de prendre soin d’elles

Le refus de se laver, de changer de vêtements ou de maintenir une hygiène minimale est beaucoup plus courant qu’on ne l’imagine, et source de crispations dans l’entourage. Parfois, la dépression s’invite en toile de fond. D’autres fois, la personne âgée tente coûte que coûte de garder la main sur ce qu’elle peut encore décider : plus vous insistez, plus elle s’oppose. À cela s’ajoutent la baisse des sens (odorat, vue), les troubles de la mémoire qui font perdre la notion du temps, la peur de chuter et la gêne à demander de l’aide.

Faire face à une mauvaise hygiène

Cherchez d’abord à comprendre la cause. Si la dépression est en cause, orientez-vous vers un médecin. Un traitement peut soulager. Si c’est la pudeur qui bloque, un professionnel du soin à domicile peut être mieux accepté qu’un proche. Pour les craintes liées à la sécurité, il existe aujourd’hui une gamme étendue d’aides techniques : chaises de douche, barres d’appui, douchettes à main. Face à la démence, n’insistez pas sur un bain complet : commencez petit, par exemple par un simple nettoyage du visage, et progressez lentement. Restez dans l’échange, expliquez chaque geste.

Faites votre possible pour maintenir une certaine propreté, mais gardez des attentes raisonnables. Parfois, il faut revoir ses standards : deux douches par semaine suffisent généralement à éviter les problèmes de peau et les infections.

Serments excessifs, langage offensant et propos inadaptés

Quand un parent jusque-là mesuré se met à proférer des insultes ou des propos blessants, l’entourage encaisse le choc. Ce comportement, en public comme en privé, déstabilise et blesse.

Des témoignages abondent sur des personnes âgées autrefois réservées qui deviennent soudainement grossières, sans filtre. L’embarras est alors au rendez-vous, et l’incompréhension aussi.

Faire face aux personnes âgées turbulentes

Si ce comportement surgit sans prévenir et s’aggrave, il peut s’agir d’un symptôme de démence, ou d’une infection urinaire, qui, chez les seniors, provoque parfois de l’agitation avant même les signes physiques. Si la personne âgée a toujours été franche mais franchit désormais la ligne, fixez des règles. Expliquez que certains propos ne sont pas acceptables, surtout en public. Parfois, jouer sur la corde sensible fonctionne : « Mamie, imagine si les petits t’entendaient… ». En cas de dérapage, la distraction est une arme précieuse : recentrez sur un souvenir agréable, parlez du passé. Si rien ne marche, prenez du recul et laissez retomber la tension.

Paranoïa et hallucinations chez les personnes âgées

Voir des choses, croire qu’on les vole ou qu’on leur veut du mal : la paranoïa et les hallucinations prennent mille visages chez les seniors. Pour les proches, la tentation est grande de corriger, de raisonner. Mais l’effet est souvent inverse.

Faire face à un comportement délirant

Notez les épisodes, leurs circonstances, et parlez-en sans tarder au médecin. Parfois, il s’agit d’un effet secondaire médicamenteux ou d’une infection. Si la démence est en cause, validez l’émotion et la perception de la personne, sans chercher à imposer votre réalité. Rassurez, redirigez doucement, veillez à la sécurité. Parfois, seule la bienveillance calme l’angoisse.

Comportements obsessionnels ou compulsifs

Conserver des objets à l’excès, s’inquiéter sans cesse, se gratter de façon répétée : les comportements obsessionnels pèsent sur le quotidien. Ils sont parfois liés à une personnalité anxieuse ou à un trouble comme le TOC, mais ils peuvent aussi traduire une anxiété, une dépression, ou accompagner la démence.

Faire face aux comportements obsessionnels

Considérez ces attitudes comme des symptômes, et non comme des défauts. Parlez-en à un professionnel si le quotidien devient invivable. Repérez, si possible, ce qui déclenche ces gestes ou ces obsessions, et tentez de les limiter sans entrer dans le jeu. Par exemple, pour une obsession du grattage, hydrater la peau et couvrir les zones concernées peut apaiser. Favorisez la distraction, proposez d’autres activités, et réajustez vos réactions si vous avez, par le passé, encouragé certains rituels sans le vouloir.

Accumulation et vieillissement

Quand une personne d’âge avancé garde tout, refuse de jeter, voire d’accumuler de façon compulsive, il ne s’agit pas toujours d’un simple attachement matériel. Parfois, la démence ou la peur de manquer sont à l’origine de ce besoin de stocker. Un parent anxieux à propos de l’avenir peut commencer à amasser des objets par crainte de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins plus tard. Pour d’autres, garder, c’est préserver un lien tangible avec leur histoire.

Faire face à la thésaurisation

Dialoguez, proposez de trier ensemble. La mise en place d’une boîte à souvenirs ou d’un système de rangement pour les objets précieux aide à canaliser le phénomène. Face à une accumulation qui met en danger la sécurité ou la santé, l’intervention de professionnels ou des services de protection des majeurs s’impose parfois. Les thérapies comportementales et l’accompagnement familial peuvent aussi apporter des solutions.

Refus d’autoriser des soignants extérieurs

Faire entrer un intervenant à domicile représente souvent un cap difficile. Beaucoup de personnes âgées s’y opposent, parfois violemment, ou congédient les professionnels dès la première rencontre.

Faire face au refus de soins

La présence d’un étranger peut symboliser, aux yeux du senior, une perte de contrôle ou le sentiment d’être abandonné par la famille. Écoutez les raisons de ce refus, discutez ouvertement, et cherchez des compromis. Une première rencontre en dehors du domicile, dans un lieu neutre, peut diminuer l’appréhension. Proposez une période d’essai, avec des interventions ponctuelles et non intrusives. Les entreprises spécialisées savent accompagner ce type de transition : n’hésitez pas à solliciter leur expertise. Avec le temps, la confiance s’installe, et l’aide extérieure est mieux acceptée.

Dépenses excessives ou extrême frugalité : l’argent dans la relation

Pour bien des familles, la gestion de l’argent par une personne âgée vire au casse-tête. Certains se mettent à dépenser sans compter, à jouer, à envoyer de l’argent à tout-va, tandis que d’autres deviennent d’une avarice maladive, au point de se priver de soins ou de produits indispensables.

Il n’est jamais anodin de remettre en question la façon dont un parent gère ses finances, car cela touche à son autonomie même. Face à la perte de certaines capacités, certains cherchent à compenser par la maîtrise de leur argent, quitte à aller à l’extrême.

Gérer les finances d’un aîné têtu

Aborder le sujet reste délicat. Rares sont ceux qui admettent un problème. S’il y a suspicion de déclin cognitif, il faut agir. La difficulté à gérer l’argent est souvent l’un des premiers signaux d’une démence débutante. Pour certains, faire intervenir un tiers neutre, conseiller financier, figure religieuse, ami, aide à dénouer la situation. Pour les dépenses incontrôlées, rendre visibles les conséquences concrètes (relevés bancaires, factures) peut créer un déclic. À l’inverse, si l’épargne devient obsessionnelle, il est parfois utile de montrer les frais réels liés à la prise en charge, pour rendre la situation plus tangible.

Les personnes âgées en demande constante d’attention

Quand un membre de la famille devient aidant, le parent peut s’attendre à une présence de tous les instants. Or, les proches ont aussi leur vie, leur travail, leurs besoins. Si la dépendance devient totale alors que la personne est encore capable de certaines choses, la relation s’étiole, la frustration monte. Certains vont même jusqu’à mettre des bâtons dans les roues de leurs aidants pour les empêcher de s’éloigner ne serait-ce qu’un instant. Il faut alors réaffirmer les limites.

S’occuper des personnes âgées dans le besoin

Votre bien-être compte autant que celui de la personne aidée. Établissez des limites claires et encouragez l’autonomie chaque fois que c’est possible. Incitez votre parent à rejoindre des activités extérieures : clubs, centres de jour, ateliers, selon ses aptitudes. L’objectif : briser l’isolement, diversifier les relations et alléger la pression sur l’aidant. Si la personne ne peut pas sortir, organisez des visites régulières d’autres proches ou sollicitez un accompagnement à domicile pour vous relayer.

Veiller à distance : sécurité des aînés isolés

La plupart des personnes âgées de plus de 80 ans vivent seules et souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible. Mais pour l’entourage, cette autonomie s’accompagne d’une légitime inquiétude : la chute, l’accident, le malaise peuvent survenir sans témoin.

Pour continuer à vivre sans crainte, il existe une solution éprouvée : l’alarme à distance, spécialement pensée pour les personnes âgées.

Un médaillon d’appel SOS, la solution de sécurité

Ces dispositifs sont simples à utiliser : la personne âgée porte un médaillon ou un bracelet équipé d’un bouton d’alerte. En cas de souci, elle appuie et entre en contact direct avec une plateforme d’écoute à toute heure du jour ou de la nuit. L’opérateur évalue la situation et, si besoin, alerte les secours ou un proche. Certains forfaits proposent même une caméra connectée au domicile, afin de surveiller à distance et de réagir en cas d’activité inhabituelle.

Ce système offre une tranquillité d’esprit inestimable : la personne âgée reste chez elle, le proche sait qu’un soutien existe en cas d’accident. C’est une façon de préserver l’autonomie tout en renforçant la sécurité, sans intrusion ni perte de liberté.

Chacun devrait pouvoir choisir de finir sa vie dans un environnement familier et rassurant. Grâce à ces dispositifs, ce choix devient possible. Les familles peuvent alors souffler un peu, sachant qu’en cas de chute ou de problème, personne ne restera sans aide. Un simple clic et la sécurité retrouve sa place, silencieuse mais toujours présente.

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